Portrait – Laiterie de Coaticook

Publié dans Articles Cantons-de-l’Est / Estrie , par Marjorie Lacroix

Jean Provencher, président de la Laiterie de Coaticook depuis 1989, nous raconte l’histoire derrière le succès de l’entreprise.

Coaticook, 1940. Dans un petit village de l’Estrie, naissait une entreprise modeste qui allait devenir un fleuron du secteur laitier québécois : la Laiterie de Coaticook. Aujourd’hui, 85 ans plus tard, la marque est synonyme de qualité, de tradition, de crème glacée généreuse… et de fierté régionale.

Une histoire familiale enracinée dans le territoire

Vers l’âge de 10 ans, Jean Provencher met le pied dans la laiterie, alors dirigée par son père, Émile Provencher, et Fernand Houle, qui avaient racheté l’entreprise en 1974. Curieux et travaillant, il apprend le métier en lavant les bidons, en s’occupant de la cour, en observant tout ce qui s’y passe. En 1989, à seulement 26 ans, Jean et sa sœur Joanne prennent officiellement les rênes. À l’époque, l’équipe ne comptait que 7 employés. Aujourd’hui, la Laiterie de Coaticook fait travailler plus de 160 personnes, dans un esprit de famille toujours bien vivant.

 Les défis d’une croissance maîtrisée

« Nos plus grands défis ont toujours été liés à la croissance, raconte Jean. On produit, on transforme, on distribue… on gère tout. » Entre les crises de main-d’œuvre, les changements réglementaires et la nécessité constante d’innover, l’entreprise a dû naviguer habilement pour éviter les pièges d’une expansion trop rapide. Dans les années 90, un virage stratégique s’amorce : la crème glacée devient le produit phare.  La bûche glacée, développée à la demande d’un client du Lac-Saint-Jean, ouvre les portes de la distribution provinciale. Petit à petit, un client à la fois, la laiterie gagne du terrain à travers le Québec, s’appuyant sur la qualité du produit plus que sur l’image de marque.

Le secret du succès : qualité, constance et enracinement

Pour Jean Provencher, la force de la Laiterie de Coaticook repose sur une idée simple mais exigeante : offrir un produit de haute qualité, accessible à un prix honnête, sans jamais faire de compromis. C’est cette rigueur qui a permis à l’entreprise de rivaliser avec les plus grands joueurs de l’industrie, tout en demeurant fidèle à ses racines.

Une fierté partagée par toute la région

La Laiterie de Coaticook est aujourd’hui un symbole identitaire fort pour les citoyens de la ville. Quand on dit qu’on vient de Coaticook, les gens répondent immédiatement : “Ah! la crème glacée!” Même ceux qui n’y travaillent pas en sont fiers, ce les meilleurs ambassadeurs.

Cette reconnaissance va jusqu’à influencer le tourisme local. « Des groupes de Mustang, de Jeep, des motocyclistes organisent des sorties juste pour venir ici. Il y a des gens qui font l’aller-retour de Montréal pour goûter à la saveur de la semaine. »

Vision et projets pour l’avenir

À 85 ans, la Laiterie ne ralentit pas. Plusieurs projets sont en cours :

  • Revoir certaines recettes pour offrir des listes d’ingrédients plus courtes, plus naturelles et plus santé de certains produits.
  • Poursuivre l’agrandissement des installations pour répondre à la demande croissante, sans compromettre la qualité.
  • Assurer la relève familiale auprès de trois des filles de Jean qui sont déjà impliquées activement dans l’entreprise.

Manger local : une responsabilité concrète

Dans un marché dominé par des multinationales comme Nestlé et Unilever, la Laiterie de Coaticook fait figure d’exception. Petite par sa taille, mais grande par son ambition, l’entreprise estrienne réussit à tenir tête aux géants.

Pour Jean Provencher, manger local est une responsabilité quotidienne. À la Laiterie de Coaticook, chaque décision est prise en pensant d’abord à l’économie locale. Par exemple, le lait provient des bassins laitiers de l’Estrie et le sucre d’érable d’une érablière de la région.